Bioaerosols & Indoor Air
Caractérisation des bioaérosols fongiques dans l’air et de la résistance aux azolés d’Aspergillus fumigatus dans les fermes laitières
Elizabeth Thibeault
Kenza Boulouiz[2], David Garon[2], Antoine Géry[2], Virginie Séguin[2], Hélène Lardé[3], Caroline Duchaine[1,4], Paul George[1,4]
Département de biochimie, microbiologie et bio-informatique, Université Laval, Québec, Canada
Les bioaérosols sont des particules biologiques en suspension dans l’air, comme les bactéries ou les spores fongiques, pouvant être inhalées et avoir un effet sur la santé. Dans les fermes laitières, ils peuvent provenir de plusieurs endroits comme la litière ou le fumier. Les particules peuvent être aérosolisées par le mouvement des animaux ou des travailleurs lors du nettoyage des stabulations ou d’autres activités quotidiennes.
Des études récentes ont montré qu’on retrouve beaucoup de spores fongiques dans les environnements laitiers, notamment Aspergillus fumigatus, une moisissure opportuniste classée comme pathogène fongique prioritaire par l’OMS et responsable de l’aspergillose. On observe également une émergence de la résistance aux antifongiques azolés. En effet, certains pays utilisent une grande quantité d’azolés dans les milieux agricoles, augmentant donc la prévalence de moisissures résistantes aux antifongiques utilisés en médecine humaine et vétérinaire par résistance croisée. Par exemple, l’utilisation d’azolés est plus importante en France qu’au Québec.
Les données sur la prévalence et la concentration d’Aspergillus fumigatus résistant aux azolés dans les bioaérosols des fermes laitières restent limitées au Québec. Peu d’études combinent l’échantillonnage de l’air, l’identification moléculaire des isolats et l’évaluation de leur sensibilité aux antifongiques azolés.
Dans ce projet, l’objectif est de caractériser la présence de moisissures dans l’air de fermes laitières et d’analyser la prévalence de souches résistantes d’Aspergillus fumigatus à certains azolés à l'aide de méthodes moléculaires et par culture. Le projet vise également une comparaison entre les données du Québec et de la France. Cette étude permettra de documenter et de mieux comprendre la présence de la résistance aux azolés dans les fermes laitières au Québec et de caractériser les moisissures présentes dans l’air. Elle s’inscrit dans une approche « Une seule santé » en mettant en lien l’environnement, les pratiques agricoles et l’émergence de la résistance aux antifongiques.
